Le 23 juin 2026 au soir, le jury Entertainment Lions for Sport a décerné son Grand Prix à « The Thousand Sponsors of Muni », dossier signé McCann Lima pour le Club Deportivo Municipal, club historique de la capitale péruvienne. Le pitch : pendant la pire crise financière du club, l'agence a refusé l'option facile du gros sponsor unique, et a transformé mille supporters en sponsors officiels, chacun avec son nom imprimé sur le maillot porté en match.

Voir le film McCann Lima « The Thousand Sponsors of Muni » sur YouTube

Un maillot devenu pétition visuelle

L'idée tient dans un détail textile : la grille du maillot officiel a été recalculée pour pouvoir afficher, lisiblement, 1000 noms minuscules côté torse, et chaque supporter ayant participé au crowdfunding voit son nom imprimé pour la saison. À distance, l'effet est celui d'un motif graphique pixellisé noir et blanc traversé par la bande rouge historique du club. De près, c'est une liste, presque un mémorial vivant. Le port du maillot devient un acte d'appartenance qui ne ressemble à aucun autre dans le foot mondial.

Une math story qui marche

Le montant du « sponsoring individuel » a été calibré pour rester accessible à un fan moyen (moins de 50 euros pour la saison), tout en cumulant un total suffisant pour combler une part significative du trou financier du club. Le résultat : 1000 sponsors levés en moins de deux mois, 254 000 mentions presse, 10,5 millions d'euros d'équivalence média générés. La Bolsa Lima, principale presse économique péruvienne, parle de « nouveau modèle de financement participatif pour les clubs de seconde division ».

Un Grand Prix qui dit beaucoup sur l'année

La présidente du jury Sport, Shannon Washington, a salué « la pure et simple ingéniosité » de la campagne. « Un club en crise transforme cette crise en mille actes d'appartenance. Ici, le fandom fait le travail que l'argent corporatif faisait avant, et la communauté décide à quoi ressemble l'avenir du club. » Dans un secteur saturé de sponsorings paris sportifs et crypto, voir le Grand Prix Sport remis à un dossier anti-sponsor classique dit quelque chose de l'humeur des jurys.

Le sport comme bien commun, pas comme produit

Au-delà du palmarès, la campagne pose une question politique sur la propriété des clubs sportifs européens et latino-américains. Quand les fonds d'investissement rachètent les clubs historiques les uns après les autres, l'idée d'un fan-sponsor ouvre une voie de résistance : utiliser la communauté locale comme infrastructure financière. Plusieurs petits clubs français ont déjà fait part d'un intérêt pour le modèle, qui pourrait inspirer la prochaine saison de Ligue 2.