Le 22 juin 2026, en début de soirée à Cannes, le jury annonce le tout premier Grand Prix de la nouvelle catégorie Lions Health and United Nations Grand Prix for Good. C'est la Suède, via Caritas et l'agence Differ Agency, qui décroche ce Lion inédit avec « Vehicle of Hope ». La campagne ne vend rien. Elle transforme un objet hautement symbolique, la papamobile, en outil concret de soin pour des enfants pris dans une zone de guerre.
D'un cadeau diplomatique à un dispensaire roulant
Le véhicule, un Mitsubishi modifié, avait été offert en 2014 au pape François par le président palestinien Mahmoud Abbas, à l'occasion de la visite du pape à Bethléem. Après la mort de François en 2025, Caritas Jérusalem et Caritas Suède ont relayé une intention qu'il avait exprimée de son vivant : que ce véhicule serve à quelque chose. L'agence Differ et le studio de production Colony, tous deux à Stockholm, ont proposé un plan opérationnel. Pour 15 000 dollars, des mécaniciens palestiniens de Bethléem ont fermé la plateforme arrière où se tenait le pape pour créer un cabinet de consultation mobile, équipé d'oxygène, d'un réfrigérateur à médicaments et d'instruments de triage.
200 enfants par jour, sept véhicules suivants
La capacité de soin du véhicule est dimensionnée pour 200 enfants par jour. Triages, examens, vaccinations, traitements d'infections : le travail médical est assuré par les équipes de Caritas Jérusalem. L'opération a une portée bien plus large que ce premier véhicule. L'initiative a fonctionné comme un cas d'usage, et a déjà inspiré la construction de sept dispensaires mobiles supplémentaires par d'autres ONG, capables ensemble de prendre en charge un nombre significatif d'enfants. Les chiffres médiatiques sont eux-mêmes vertigineux : 70 milliards d'impressions earned, 5 600 articles publiés, 2 900 retransmissions télévisées, dans 187 pays.
Une catégorie nouvelle, et politique
L'arrivée du Lions Health and United Nations Grand Prix for Good n'est pas anodine. Pendant des années, les campagnes humanitaires concouraient dans des catégories transversales, mélangées aux campagnes commerciales. Le festival reconnaît désormais que ces opérations méritent leur propre instance d'évaluation. Le choix d'attribuer le premier prix à une initiative liée à Gaza et au Pape est en soi une déclaration de positionnement. La France, elle, n'avait aucun travail en shortlist dans cette catégorie. Une absence qui interroge sur la place des agences françaises dans le créatif d'intérêt général.