À quelques kilomètres des plages où l'on va bronzer cet été, des baleines meurent, percutées par des navires, dans une indifférence presque totale. C'est pour rompre cette invisibilité que le WWF France et l'agence indépendante Dagobert ont imaginé Whalemorial : une installation dévoilée fin juin 2026 sur une plage marseillaise, avec 33 stèles en forme de queues de baleines dressées dans le sable, comme dans un mémorial de guerre. Une par cétacé qui meurt chaque année en Méditerranée après avoir été heurté par une embarcation.

Une menace silencieuse au large de nos côtes

Le rorqual commun, deuxième plus grand animal de la planète après la baleine bleue, ne compte plus qu'entre 1 500 et 2 000 individus en Méditerranée, notamment dans le sanctuaire Pelagos qui s'étend de la Corse à la Ligurie. Une présence largement méconnue du grand public, alors que la menace est documentée et chiffrée : plus de 4 600 collisions sont recensées chaque année entre cétacés et navires dans ces eaux. Sans action concrète, les baleines pourraient disparaître de Méditerranée d'ici la fin du siècle. Ce n'est pas une projection alarmiste, c'est la trajectoire actuelle. Et les collisions avec les navires de transport de marchandises et de passagers en sont la première cause de décès non naturelle.

Visuel de campagne signé WWF France de la campagne Whalemorial dévoilé fin juin 2026, photographie horizontale prise en plein jour sur une plage de la Méditerranée avec en second plan une plage de sable clair peuplée de baigneurs quelques promeneurs un parasol rouge et blanc rayé à gauche et un voilier blanc mouillé au large sur la mer bleu turquoise calme, au premier plan une vingtaine de stèles blanches identiques découpées en forme de queues de baleine plantées côte à côte dans le sable projetant des ombres discrètes, surtitre en gros caractères capitales blancs En Méditerranée nos baleines disparaissent en silence sous-titre 33 baleines meurent chaque année de collisions avec des navires en haut à droite logo blanc WWF panda noir, mise en page complètement différente de la photo documentaire de la couverture
La déclinaison print de Whalemorial : la campagne colle le mémorial au décor familier de la plage. Crédit : WWF France / Dagobert.

Une solution connue, peu appliquée

Ce qui rend la situation d'autant plus difficile à accepter, c'est qu'une réponse existe. En dessous de 10 nœuds, le risque de collision mortelle devient quasi nul. Ralentir. C'est tout. Une mesure simple, peu coûteuse, qui n'a pour l'instant aucun caractère obligatoire pour la grande majorité des navires qui traversent la Méditerranée. Avec Whalemorial, le WWF France interpelle directement les acteurs publics, scientifiques et du transport maritime pour obtenir des engagements concrets et mesurables. Le grand public est invité en parallèle à signer la pétition Urgence baleines et à soutenir les programmes Cap Cétacés et Stop Collision, menés sur le terrain par les équipes de l'ONG.

Un dispositif produit par Transfuges et réalisé par Zeke Film

L'activation a été produite par Transfuges, avec Mathilde Garbé et Jérôme Burlet à la production. La campagne a été réalisée à Marseille par Zeke Film, avec une photographie signée Théo Giacometti. Le résultat est une image sobre, puissante, qui n'a pas besoin de surenchère pour imposer son propos. Le mémorial dit en un seul visuel ce que des chiffres seuls n'arrivent pas à faire ressentir. Chaque stèle plantée dans le sable est un individu. Un animal. Une perte que l'on aurait pu éviter. Whalemorial rappelle sans artifice que ralentir n'est pas perdre du temps, c'est décider que ces vies comptent.