Le 19 juin 2026, on revient sur le travail au long cours de Rich McCor, alias Paperboyo. Le photographe britannique a démarré son projet en 2015 comme prétexte pour explorer Londres. Dix ans plus tard, le projet est devenu un tour du monde permanent, des États-Unis à Singapour, en passant par Hong Kong et les Pays-Bas. La méthode n'a pas changé : un cutter, du papier noir, du temps, et l'œil pour saisir l'angle exact qui fait tomber la forme dans le décor.

Un geste artisanal contre la sur-production numérique

L'intérêt du travail de Paperboyo tient à son refus du raccourci. À l'heure où l'IA génère en deux secondes un Mont Saint-Michel transformé en pyramide aztèque, McCor passe une journée à dessiner sa découpe, à la couper au scalpel, puis à arpenter Paris pendant des heures pour trouver le pas, l'angle et la lumière où le motif s'aligne avec le monument. Le résultat est plus humble qu'une création synthétique, mais infiniment plus émouvant. Le geste reste lisible.

Deuxième photographie Paperboyo mise en avant le 19 juin 2026, plan rapproché frontal de Big Ben à Londres ciel bleu pâle d'hiver, une main au premier plan tient une découpe en papier noir représentant la silhouette d'un gobelet à milkshake avec sa paille qui s'aligne parfaitement avec la tour horloge laissant croire qu'on aspire le sommet de Big Ben comme une boisson, photographie en lumière naturelle de matin sans aucune retouche
Big Ben aspiré comme un milkshake. McCor invente un type de photographie qui demande autant de marche que de découpe.

Un succès lent, à rebours des plateformes

Paperboyo cumule aujourd'hui plus de 500 000 abonnés Instagram, ce qui paraît modeste à côté des stars de la photo virale. Mais il compte parmi les artistes les plus régulièrement republiés par les médias, les éditeurs et même les institutions. Canon a fait appel à lui à plusieurs reprises pour des campagnes de communication interne, et Rich McCor a publié un livre, Around the World in Cut Outs, traduit en plusieurs langues. Le projet a démarré comme une blague entre amis, il s'est imposé comme une œuvre photographique à part entière.

Pourquoi cette démarche compte aujourd'hui

Le travail de Paperboyo est un argument à conserver pour les agences créatives. Face à la déferlante des images générées par IA qui inondent les réseaux, l'image faite main retrouve une valeur d'authenticité. McCor ne cache jamais ses découpes. Au contraire, il publie les versions « brutes » de ses photos avec sa main qui tient le papier, ses ratés, ses essais. Cette transparence du process devient sa signature, et c'est précisément ce que les marques qui veulent défendre une posture artisanale devraient regarder de près.