S'habiller. Pour la plupart des enfants, c'est un automatisme. Pour un enfant autiste, ça peut virer au parcours d'obstacles : une couture qui gratte, une étiquette qui frotte, une matière trop rêche. Autant de micro-agressions sensorielles qui font du matin un moment tendu, pour l'enfant comme pour ses parents. C'est de ce constat qu'est née Little Waves, une collection présentée par Farah Conn, étudiante en dernière année de Fashion Technology à l'université Heriot-Watt d'Édimbourg. Huit pièces pensées pour les enfants de 3 à 12 ans, inspirées du bord de mer, dévoilées le 1er juillet 2026.

Un vêtement conçu comme un outil de régulation

Farah Conn a choisi de ne pas empiler les accessoires « adaptés ». Elle a intégré le soutien sensoriel directement dans la matière. Tissus ultra-doux, coutures plates, coupes amples et ajustables : chaque détail cherche à retirer l'irritation. Les silhouettes larges répondent à un retour récurrent des parents qu'elle a interrogés. Des perles élastiques cousues à l'intérieur des poches font office de fidgets intégrés, ces petits objets à triturer qui aident à l'auto-régulation en classe. Enfin, des patchs sensoriels interchangeables ornés de personnages marins permettent à l'enfant de personnaliser sa tenue en s'appuyant sur des repères apaisants.

Voir la présentation de Little Waves sur Instagram (Heriot-Watt SoTD)

Photographie en très gros plan sur un portant en studio de la collection Little Waves de Farah Conn, cadrage rapproché sur le bas d'une chemise blanche à boutons argentés et le tour de taille d'un short bleu ciel à ceinture élastique au premier plan, sticker rond blanc à logo Little Waves vagues bleues coquillage rouge et QR code carré noir cousu discrètement au niveau de l'ourlet en remplacement d'une étiquette classique, à droite superposition d'un tee-shirt gris chiné et d'un débardeur vert amande accrochés sur cintres également ornés d'un sticker Little Waves, sol en parquet clair flouté, image de détail complètement différente du diptyque studio de la couverture
À la place de l'étiquette qui gratte, un simple sticker rond avec un QR code. Crédit : Farah Conn / Heriot-Watt SoTD.

Quand l'étiquette devient QR code

C'est la trouvaille discrète mais géniale du projet : Farah Conn bannit les étiquettes traditionnelles, sources classiques de gêne, au profit de tags adhésifs à QR code. Les informations d'entretien et de composition restent accessibles aux parents (scan sur téléphone), sans jamais frotter contre la peau de l'enfant. Le principe résume la logique de tout le projet : régler un vrai problème, discrètement, sans transformer l'enfant en « porteur d'un vêtement adapté » stigmatisant. Little Waves ressemble à une collection d'enfance, colorée et joyeuse, à la seule différence près que ses détails techniques ont été co-écrits avec des parents, aidants et professionnels de santé consultés en amont.

Un projet développé sous la houlette d'Heriot-Watt

Little Waves fait partie des 90 projets sélectionnés pour le Degree Show de la School of Textiles and Design d'Heriot-Watt, sur le campus de Galashiels aux frontières écossaises. Farah Conn a travaillé sous la direction de Bruce Roberts, responsable mondial Fashion and Textiles de l'université, qui a insisté sur la recherche appliquée : « La mode technologique, c'est résoudre de vrais problèmes », résume l'étudiante. Elle-même travaille à temps partiel auprès de familles d'enfants à besoins spécifiques, et espère prolonger le projet au-delà du diplôme, vers une gamme réellement accessible en boutique qui simplifie le quotidien de milliers de familles.