Le 18 juin 2026, l'association Innocence en Danger et l'agence Babel dévoilent une campagne nationale presse et affichage qui n'a pas peur de la dureté. L'idée tient dans une collision. D'un côté, l'injonction du tribunal qui réclame des preuves et de la solennité. De l'autre, une main d'enfant qui ne se lèvera plus, paume ouverte au sol. Le message se loge dans cet écart : on a attendu d'un enfant qu'il fasse ses preuves, qu'on le croie sous condition, jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à croire.
Le contexte est glaçant
Chaque année en France, près de 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles. Plus de 70 % des plaintes déposées finissent classées sans suite. Derrière ces chiffres, des enfants qui ont parlé et qu'on n'a pas crus à temps. La campagne d'Innocence en Danger ne se contente pas d'un constat. Elle pointe une défaillance de système : la justice n'écoute pas les enfants comme elle devrait.
Une image qui refuse de consoler
Le parti pris visuel ne cherche aucune douceur. La main repose sur un sol jonché de débris, dans un décor d'abandon qui dit l'agression sans la mettre en scène. Sous la direction de création de Jean-Laurent Py, avec Louis Grzeskowiak à la direction artistique et Cédric Hamelin à la conception-rédaction, Babel assume une dureté revendiquée. « La campagne est dure car nous voulons que ce sujet soit enfin vraiment mis sur la table », explique le directeur de création.
Une interpellation adressée aux pouvoirs publics
Au-delà du choc, l'association porte une demande précise : la création d'un parquet spécialisé dans les violences faites aux enfants, doté de magistrats, d'enquêteurs et de pédopsychiatres formés à recueillir la parole de l'enfant. Le dispositif, piloté par Matthieu Angevin chez Babel et déployé via l'agence média Monolith, s'installe dès le 18 juin et tout l'été. Un cas de communication d'intérêt général qui choisit l'effroi plutôt que le pathos pour empêcher qu'on détourne le regard.