Boire ses Côtes du Rhône avec un glaçon au fond du verre. Il y a dix ans, la phrase aurait fait bondir les tables de dégustation. Aujourd'hui, c'est le point de départ assumé d'une campagne internationale. Après une compétition organisée par Inter Rhône, l'agence Les Gros Mots vient de remporter le budget de communication de l'appellation. Elle signe la campagne « Refresh your wine », déployée depuis le 6 juillet 2026 dans l'Hexagone, en Belgique, au Royaume-Uni, aux États-Unis et au Canada. La cible : les 21-40 ans, des amateurs comme des néophytes du vin.

Un pari graphique qui rompt avec les codes de la filière

Fini les grappes, les caves voûtées et les mains de vigneron. La campagne joue à fond la carte du sensoriel : textures givrées, buée qui perle sur les verres, gouttes qui glissent, glaçons assumés. Chaque couleur de l'appellation (rosé, blanc, rouge) porte sa propre déclinaison, dans un traitement typographique quasi pop. Le rose vif claque, le jaune solaire réchauffe, le rouge intense reprend la main. À l'échelle d'un rayon caviste, ces visuels ont peu de chances de passer inaperçus. C'est le pari revendiqué : produire une identité immédiatement reconnaissable, dans un univers concurrentiel où les codes classiques du vin se sont mis à tous se ressembler.

Deuxième visuel print vertical de la campagne Refresh your wine des Côtes du Rhône signée Les Gros Mots, déclinaison blanc format 1080x1920, gros plan macro sur la paroi extérieure d'un verre de vin blanc jaune paille aux reflets or, buée épaisse et bulles fines sur toute la surface témoignant d'un service très frais, arrière-plan jaune ocre chaud à zones plus claires suggérant la lumière solaire traversant le liquide, accroche typographique en gros caractères sans serif refresh your mind wine en blanc et jaune vif à gauche du cadre, logo Côtes du Rhône French Distinctive Wines dans un pavé jaune vif en pied de visuel avec mention Drink Responsibly
Chaque couleur de vin porte sa propre déclinaison, du jaune solaire du blanc au rose vif du rosé, en passant par le rouge intense assumé. Crédit : Inter Rhône / Les Gros Mots.

Un vrai virage stratégique pour Inter Rhône

Ce n'est pas la première fois que l'appellation s'intéresse aux vins rafraîchis. Une première prise de parole en 2024 avait déjà commencé à installer le message. Mais cette nouvelle campagne va plus loin. Elle transforme la température de service en véritable territoire d'expression pour la marque. Rosés, blancs, mais aussi rouges servis frais : tous s'invitent désormais dans les apéros de terrasse, les dîners informels, les pauses urbaines. « Cette campagne exprime une manière plus contemporaine, spontanée et accessible de découvrir nos vins, sans rien renier de notre identité », résume Virginie Charlier, directrice marketing d'Inter Rhône. Traduction : on assume la modernité sans renoncer à la profondeur.

Un dispositif 360°, pensé pour l'international

Côté déploiement, la campagne s'appuie sur un dispositif multichannel complet. Affichage, presse spécialisée, formats vidéo courts pour les plateformes digitales, campagnes social media avec carrousels dédiés aux trois couleurs, activations événementielles et trade, sans oublier les campagnes programmatiques et YouTube. Sur les marchés export, l'accent est mis sur un ton lifestyle : bars, terrasses urbaines, moments simples et conviviaux. Le message porté à l'international est clair : les Côtes du Rhône ne se boivent plus seulement dans un club feutré, elles vivent aussi dans les mains d'une génération qui préfère la simplicité aux protocoles intimidants.

Un choix éditorial qui parlera aux voisins de vignobles

« Refresh your wine » vient en complément de la campagne institutionnelle « Where the Rhône flows », qui portait déjà les engagements de l'appellation. Ensemble, ces deux territoires renforcent la visibilité et la désirabilité des Côtes du Rhône sur les marchés cibles. Reste à voir si d'autres appellations françaises, souvent tentées par des campagnes plus classiques, oseront eux aussi assumer le glaçon dans le verre. Parce qu'à l'heure où la consommation de vin baisse en France, choisir la fraîcheur et l'humilité contre la sacralisation n'est probablement pas un luxe. C'est même sans doute une question de survie pour toute une filière qui doit se réinventer.